Comment est né votre intérêt pour la biologie marine ?
J’ai été l’un des premiers vétérinaires spécialiste des poissons diplômé en Grèce. Lorsque j’ai pris la décision d’entrer dans le domaine de l’élevage des poissons marins, c’était une décision basée sur mon amour pour l’environnement marin et mon intérêt particulier pour les poissons. A cette époque, l’élevage de poissons marins était pratiquement inconnu. C’était en 1985 et il n’y avait que 5 fermes en Grèce, avec une production totale de seulement 40 tonnes. Ma décision était prise, durant mes études en médecine vétérinaire à Thessalonique, en Grèce, d’aller poursuivre ma formation au Master de Biologie Appliquée des poissons à l’institut Polytechnique de Plymouth, au royaume uni.
Diplôme de médecine vétérinaire à Thessalonique en Grèce. Après ce diplôme, j’ai passé un Master en biologie appliquée des poissons à l’institut polytechnique de Plymouth au royaume uni.
Avez vous reçu d’autres formations durant vos études qui ont été bénéfiques ?
Durant mes études de médecine vétérinaire, j’ai suivi pendant un an, un module sur les pathologies rencontrées chez les poissons. Il y avait également une partie laboratoire et du travail de terrain. Durant ce module, j’ai pris conscience que j’avais besoin de continuer mes études pour travailler en tant que vétérinaire spécialiste des poissons. Bien entendu, toutes les autres disciplines allant de l’histologie et histopathologie à la microbiologie et la parasitologie se sont avérées utiles dans mon travail.
Avez-vous des recommandations à faire à des étudiants en cours de formation ?
Pour tous ceux qui s’intéressent à cette profession, je suggère qu’ils doivent en tout premier lieu aimer travailler sur les poissons, travailler en plein air, en pleine mer sur des cages et en laboratoire. Ils doivent être conscients que le travail est très différent de celui réalisé sur les animaux domestiques. Ils doivent réaliser qu’ils seront responsables de la protection de la santé du consommateur et du succès économique de la ferme.
Ce type de carrière, a t-elle des potentialités de développement dans le futur? Ce type de carrière constitue t-elle une bonne option pour des étudiants ou des professionnels en reconversion ?
L’aquaculture est l’activité agricole qui connaît la plus forte croissance industrielle. Etant donné que cette croissance se poursuit, il existera une demande future pour des pathologistes spécialistes des poissons.
Décrivez une journée habituelle dans votre travail
Une journée typique de travail démarrant sans problème particulier, implique un rendez-vous avec le directeur de la ferme. Le travail consiste ensuite en une lecture rapide du rapport d’élevage quotidien effectué sur chaque cage ou bac et sur chaque site quand l’entreprise en possède plusieurs.
Aucune action à effectuer sur le poisson n’est planifiée sans l’avis du pathologiste/vétérinaire.
Un échantillonnage régulier est nécessaire et les analyses de laboratoire peuvent constituer un travail quotidien, en particulier dans les écloseries.
Une assistance particulière est requise les jours de récolte ou quand les poissons sont sélectionnés et transférés de cage en cage pour maintenir des tailles homogènes (pratique connue sous le nom de tri).
Le vétérinaire spécialiste des poissons/pathologiste est impliqué dans le contrôle de la contamination de l’aliment ou des erreurs de mesures.
Pouvez-vous raconter la meilleure expérience que vous ayez vécue dans votre profession ?
C’est toujours lié au succès que vous rencontrez dans le contrôle d’une maladie sur une ferme et que les mortalités sont réduites, que les poissons reprennent une activité de nage et d’alimentation normales. Le meilleur moment pour moi est lorsque je suis sur les cages et que je vois le coucher du soleil, que tout est calme avec pour seul bruit, celui des poissons qui sautent dans l’eau.
Que lisez-vous ou à quoi assistez-vous pour vous maintenir au courant des changements au niveau de l’industrie/marché, des progrès, des enjeux, etc ?
Le plus grand challenge pour un vétérinaire est d’inciter l’industrie à améliorer l’image des poissons d’élevage et par conséquent, l’image de l’industrie dans son ensemble. Cette démarche peut-être réalisée en respectant des règles strictes concernant le bien être et la santé des poissons. Il/elle doit toujours garder à l’esprit qu’il/elle s’occupe d’un produit de valeur qui doit être proposé au consommateur avec les meilleures qualités possibles et en respectant des règles d’hygiène.
Avez-vous des collaborateurs en Europe ou au niveau international ?
J’assiste à la conférence européenne biannuelle des pathologistes spécialistes des poissons, organisée par l’association européenne des pathologistes spécialistes des poissons (EAFP) et c’est une occasion pour moi de rencontrer des collègues venant du monde entier, de lier des amitiés et de faciliter des activités de collaboration. Nous sommes relativement peu nombreux par rapport à d’autres professions mais en revanche nous parvenons à tous nous connaître dans ce domaine. Ce que j’apprécie le plus, et ce dont je suis reconnaissant envers tous mes collègues au niveau international, est l’intérêt et l’aide qu’ils m’apportent lorsque apparaissent de nouveaux problèmes. J’ai trouvé un grand support et une conduite à suivre à chaque fois que j’en ai eu besoin.